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<title><string language="fre"><![CDATA[Forum Nîmois - Charles GIDE - AGLIETTA 12 JANVIER 2017]]></string></title>
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<string language="fre"><![CDATA[L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le proféesseur Michel Aglietta, le 11 avril 2013, au lycée Alphonse Daudet de Nîmes.
Cette conférence a été retransmise en directe sur le web de l'Académie de Montpellier 
Biographie Michel Agliétta
Pour
commencer avec brillance l’année 2017, le Forum nîmois Charles Gide accueille
le jeudi 12 janvier à 18h30 au lycée Alphonse Daudet, le célèbre économiste
français Michel AGLIETTA.
Diplômé
de l’École Polytechnique, Michel Aglietta a suivi les cours de l’École
Nationale de la Statistique et des Études économiques (ENSAE). Intéressé par
les phénomènes de société et considérant que l’économie ne peut être séparée du
social et du politique, il a rénové la théorie de la croissance en l’étudiant
dans un rapport économie et société sur le temps long et dans un autre
contexte, celui des États-Unis. Sa thèse a généré de nombreux débats entre
économistes. Agrégé en Sciences économiques, professeur à l’université d’Amiens
puis à Paris Ouest Nanterre mais également à HEC, il a mené des recherches dans
différents organismes monétaires et financiers et fut conseiller auprès de
nombreuses grandes banques.
Il est un
spécialiste d’économie monétaire internationale, membre du haut conseil des finances publiques et connu pour ses travaux sur le fonctionnement des marchés financiers,
qui ont permis de mieux connaître l'histoire des bourses de valeurs. Il viendra nous présenter une conférence intitulée : « Comment financer la transition
climatique ? Comment atteindre les objectifs de l’accord de
Paris ? » 
Introduction Jean Matouk
Mon cher Michel,
C’est la troisième fois que le Forum Charles Gide te reçoit.
C’est dire si nous apprécions ton savoir.
J’ai donc déjà fait deux fois ton panégyrique. Permets-moi de
le faire plus bref. Ancien élève de Polytechnique, et de l’Ecole nationale
supérieure de la statistique et des études économiques, tu as été agrégé des
Universités en sciences économiques, professeur, notamment à Paris X. Tu as été
choisi pour faire partie du Conseil  d’analyse
économique près du Premier ministre, tu es aujourd’hui membre du Haut Conseil
des finances publiques. Tu es l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont certains
fondamentaux.
Tu as fondé, à mon sens, au moins deux écoles en économie. D’abord,
l’école de la régulation, avec Robert Boyer, 
à la suite de ta thèse. Puis tu as fondé – il faut  le répéter- une véritable nouvelle école sur
la monnaie, en enracinant celle-ci dans l’évolution de la  société, avec quatre  ouvrages majeurs que j’ose appeler d’anthropologie
monétaire. 
D’abord, en 1984, la Violence
de la monnaie, avec André Orléan que nous avons aussi reçu au Forum. Puis,
en 1998, le cœur de tes recherches, La
Monnaie souveraine, et, en 2002, toujours avec Orléan, La Monnaie entre violence et confiance, enfin  en 2016, un pavé de science, ici proposé, La monnaie entre dettes et souveraineté. Toujours
chez Odile Jacob !
Franchement, je le dis à tous, et sans flagornerie aucune, il
n’est pas honnête aujourd’hui de faire dans nos universités un cours sur la
monnaie, sans partir de tes recherches, et je pense, très sincèrement, qu’elles
auraient pu te valoir le prix Nobel d’économie. Selon les nouvelles méthodes
pédagogiques, tes écrits devraient au moins  être le cours en ligne, le MOOC, de base, à
partir duquel nos chers collègues devraient bâtir leurs propres enseignements
et répondre aux questions de leurs étudiants.
Tu t’es ensuite intéressé à l’Europe, et l’euro, puis  à la Chine, deux thèmes pour lesquels nous
t’avons reçu ici. Tu as le talent d’exposer des choses difficiles,  avec assez de clarté pour retenir l’attention
de ceux dont l’économie n’est pas le passe-temps favori. Je suis certain qu’il
va en être de même ce soir, mais je dois prévenir le public qu’il doit
intensifier son attention, surtout au début, car les données statistiques que
tu fournis sont assez complexes, parce que réelles.
Tu viens, en effet, nous parler du financement de la
transition climatique. Je crois savoir que tu commences par des données de
climatologie qui montrent la sensibilité de l’économie aux extrêmes climatiques.
Des extrêmes, dont nous avons, en Europe même, et aux Etats Unis,  subi quelques conséquences, mais dont bien d’autres,
depuis les ours blancs de l’arctique, jusques aux populations du Sahel, en
subissent de bien plus grandes. Il est bon que des esprits rationnels et
scientifiques comme le tien, valident, à l’encontre de tous les
climato-sceptiques, ce qui a été le fondement de l’accord de Paris, à savoir
que le sort de toute l’humanité aujourd’hui, est lié à une dérive climatique,
dont l’homme est responsable. Certains ont d’ailleurs lancé le terme
d’anthropocène pour désigner l’ère géologique dans laquelle la terre serait
entrée entre le XVIII et XIXème siècle, ère dans laquelle l’homme par son
activité transforme la terre.
Les décisions prises à Paris à l’automne 2015, à la suite, il
faut lui reconnaitre ce mérite, des efforts de l’actuel gouvernement, dont
notamment Laurent Fabius et Laurence Tubiana, impliquent en effet des efforts
financiers de toutes sortes dont il faut décrire les fondements. Tu vas
notamment, je le sais, nous parler du prix du carbone et de la taxe carbone
souvent évoqués comme outils de régulation 
des effluents anthropiques, mais dont le grand public ne comprend pas
toutes les subtilités. Tu vas aussi mettre sur l’établi le principe de précaution,
objet de violentes critiques aujourd’hui, tant son emploi poussé à l’extrême
nuit à la prospérité. 
Je vais donc te laisser la parole, car le programme est
chargé. L’homme, à travers les âges, a déjà subi de grandes variations
climatiques, s’y est adapté, et a même provoqué déjà des modifications de la
nature. 
La dernière période glaciaire, purement liée à des mécanismes
physiques, qui s’est produite, entre -100.000 et -10.000, juste à l’aube de la
révolution agricole du néolithique, a impacté profondément la faune et l’homme.
Celui-ci dans un sens, en a profité. Elle a permis, notamment aux asiates, de
passer à pieds de la Sibérie à l’Alaska, pour peupler les Amériques, et aux
terres des actuels Australie, Tasmanie et Nouvelle Guinée, de ne former qu’un
continent .L’homme alors n’y était pour rien, mais s’adaptait. Plus près de
nous  une petite période glaciaire, à
partir du XIème siècle, a provoqué, au début du XIVème, jusqu’au milieu du
XVIIème, des fortes baisses de productions agricoles, donc l’affaiblissement
des organismes,  qui n’ont pas pu
résister à la peste importée d’Asie. Il en est résulté un effondrement de la
démographie européenne
Mais il y a eu aussi des exemples d’impact de l’homme sur son
environnement immédiat, décrits notamment par Jared Diamonds dans son livre
« Effondrement », de 2005. Le Groenland, un « pays de verdure »
selon l’étymologie, mais dont les habitants ont détruit la nature entrainant sa
glaciation, ou encore l’Ile de Pâques que les Maori venus de Polynésie ont
peuple, et détruite !
Mais, jamais encore l’homme n’a entraîné une modification de
sa biosphère de cette ampleur, à laquelle, si elle se poursuit, 7 milliards
d’humains ne pourront pas s’adapter sans tragédies. Le seul espoir est que les
hommes de tous les continents, qui ont signé l’accord de Paris, dans une forme
primitive de noosphère, pour reprendre le thème de Teilhard de Chardin que nous
avons visité fin décembre,  l’appliquent
réellement.
C’est dire l’importance de ce que va dire Michel Aglietta. Ecoutons-le
ce soir avec plus d’attention que jamais.]]></string></description>
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